Lors de l’édition française de Tech World 2026, Sophie Thibault, Directrice Générale de Lenovo France, a détaillé la manière dont le constructeur entend se positionner sur le marché de l’intelligence artificielle. Une stratégie qui dépasse le seul matériel et s’appuie sur une vision de l’IA hybride couvrant les usages personnels, les besoins des entreprises et les infrastructures sous-jacentes, du smartphone au datacenter.
L’IA occupe désormais une place centrale dans la stratégie du constructeur. Lenovo considère même que sa nouvelle décennie de développement s’articule autour de ce sujet. Pour Sophie Thibault, cette approche repose sur une distinction entre trois catégories complémentaires : l’intelligence artificielle publique, l’intelligence artificielle d’entreprise et l’intelligence artificielle personnelle. « Cette nouvelle décennie est placée sous le signe de l’intelligence artificielle hybride, explique la Directrice Générale. Il y a l’intelligence artificielle publique, l’intelligence artificielle d’entreprise et l’intelligence artificielle personnelle. »
Lenovo prépare le passage de l’IA générative à l’IA agentique
Cette vision se traduit par une volonté de couvrir l’ensemble de la chaîne technologique. Sophie Thibault rappelle ainsi que Lenovo dispose d’un portefeuille allant du smartphone Motorola aux infrastructures de datacenter, en passant par les PC, les tablettes, les accessoires ou encore les services associés. L’expression « From Pocket to Cloud », utilisée à plusieurs reprises durant son intervention, résume cette ambition de relier les différents niveaux de l’écosystème numérique au sein d’une même stratégie. Une stratégie qui se traduit également dans les investissements du groupe. Lenovo a présenté plus de 64 innovations lors du CES puis plus de 30 nouvelles annonces au Mobile World Congress. Les produits liés à l’intelligence artificielle représentent désormais plus d’un tiers du portefeuille de l’entreprise.
Si l’intelligence artificielle générative a largement dominé les discussions ces dernières années, Lenovo estime que le marché entre désormais dans une nouvelle phase avec l’apparition de l’IA agentique. Pour Sophie Thibault, la différence principale réside dans le niveau d’autonomie accordé aux systèmes. L’objectif n’est plus uniquement de fournir une réponse à une requête mais d’exécuter directement certaines tâches. « L’étape supplémentaire, c’est l’intelligence artificielle agentique. Au lieu d’apporter simplement une réponse, elle est capable de gérer toute une tâche. Elle dispose d’une autonomie partielle. Concrètement, nous passons de la demande à l’action. »
Cette évolution s’incarne notamment dans Qira, l’agent IA développé conjointement par Lenovo et Motorola. Sophie Thibault le présente comme l’une des illustrations de cette stratégie, avec l’ambition de proposer un assistant capable d’accompagner l’utilisateur au quotidien, indépendamment du terminal utilisé. « Nous parlons d’une intelligence artificielle personnelle, personnalisée et personnalisable, présente sur l’ensemble des appareils qui nous accompagnent partout. Vous pouvez commencer un travail sur votre tablette et le reprendre sur votre smartphone. C’est une expérience unifiée et continue. »
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Plus de 60 cas d’usage pour accélérer les projets IA
L’enjeu, selon Sophie Thibault, consiste désormais à dépasser le stade des concepts pour accompagner les entreprises dans l’identification de cas d’usage concrets. La dirigeante reconnaît que le sujet reste difficile à appréhender pour de nombreux décideurs. « Aujourd’hui, Lorsque nous discutons avec des DSI ou des dirigeants d’entreprise,nous disposons déjà d’une bibliothèque de plus de 60 cas d’usage. » Cette bibliothèque de cas d’usage s’appuie sur les équipes de conseil du constructeur et couvre différents secteurs d’activité, de l’industrie à la santé, en passant par les services financiers, le commerce ou encore les transports. Lenovo entend ainsi faciliter l’identification et le déploiement de scénarios déjà éprouvés : « C’est une intelligence artificielle qui contribue au développement des activités dans des environnements toujours plus complexes. Une intelligence artificielle agile qui évolue et qui permet l’orchestration et l’automatisation de processus complexes. »
Pour illustrer cette démarche, Sophie Thibault s’est également appuyée sur les projets menés dans le cadre du partenariat entre Lenovo et la FIFA. Si la visibilité associée à la Coupe du Monde constitue naturellement un élément important, la dirigeante présente surtout cet événement comme un terrain d’expérimentation grandeur nature pour les technologies du groupe. « Nous avons créé des jumeaux numériques de stades pour la gestion des flux. Nous avons également créé FIFA AI Pro, un assistant d’intelligence artificielle tactique unique, alimenté par des millions de points de données et plus de 2 000 indicateurs. » Parmi les autres réalisations évoquées figurent un centre de commandement intelligent à Miami pour le pilotage en temps réel de la compétition, ainsi que différents outils d’analyse et de visualisation destinés aux organisateurs et aux équipes sportives. Autant d’exemples que Lenovo utilise pour démontrer sa capacité à associer terminaux, infrastructures, données et intelligence artificielle au sein d’une même architecture.
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