Longtemps identifié au marché du PC, Lenovo cherche désormais à se positionner comme un acteur de l’intelligence artificielle. Lors de Tech World France 2026, Dan Dery, Vice President AI Ecosystem au sein de l’Intelligent Device Group de Lenovo, a présenté la vision du constructeur autour de Qira.
Lenovo ne le présente pas comme un simple assistant conversationnel, mais comme une nouvelle couche logicielle capable d’orchestrer applications, services et équipements au sein d’un même environnement numérique.
Au-delà de l’assistant, une réflexion sur l’avenir des OS
Le projet Qira est né il y a un peu plus d’un an. Dan Dery explique que les équipes Lenovo ne cherchaient pas à développer une nouvelle application d’intelligence artificielle venant s’ajouter à celles déjà disponibles sur le marché. Leur réflexion portait davantage sur l’évolution du rôle des systèmes d’exploitation à l’ère de l’IA. « L’idée de départ était de ne pas créer un assistant ou une app, mais de réfléchir à ce que l’OS allait devenir à l’époque de l’intelligence artificielle. » Cette réflexion a conduit Lenovo vers une architecture agentique dans laquelle les applications ne constituent plus nécessairement le point d’entrée principal pour l’utilisateur.
« Vous n’allez pas vers une app pour poser une question.
Vous continuez à faire votre travail. »
Qira est présenté comme une plateforme capable d’orchestrer des agents qui interagissent directement avec les services, les applications et les appareils utilisés au quotidien. « Qira agit comme un operating system qui permet d’orchestrer tous ces agents. » Dan Dery rappelle que cette vision a été dévoilée pour la première fois lors du précédent Lenovo Tech World. Selon lui, les annonces récentes d’Apple et de Microsoft autour des agents IA vont dans une direction similaire. Il y voit moins une validation de Lenovo qu’une évolution naturelle du marché et de la place que l’intelligence artificielle pourrait occuper dans les systèmes informatiques de demain.
Les données personnelles comme fondement de la confiance
Une autre dimension importante de Qira concerne l’emplacement des données et de l’intelligence artificielle elle-même. Dan Dery oppose à plusieurs reprises cette approche aux modèles hébergés principalement dans le cloud. « Vos données sont sur vos devices. C’est vraiment votre IA et vous pouvez la contrôler intégralement. » Selon lui, une intelligence artificielle personnelle ne peut réellement comprendre son utilisateur que si elle est capable d’observer ses habitudes, ses préférences et ses comportements au fil du temps. Cette connaissance repose sur les données générées quotidiennement à travers les différents équipements utilisés.
Pour Lenovo, la question de la confiance reste centrale. Dan Dery considère que la relation entre l’utilisateur et l’IA change lorsque les données demeurent stockées localement plutôt que d’être systématiquement envoyées vers des services distants. « À partir du moment où les données sont locales et ne quittent jamais vos appareils, la relation change. » Cette proximité avec les données est présentée comme un élément déterminant dans la capacité d’une IA à construire une mémoire plus riche et une compréhension plus fine de son utilisateur. Dan Dery insiste à plusieurs reprises sur ce lien entre connaissance, personnalisation et maîtrise des données.
Du smartphone au PC, une même mémoire utilisateur
Qira repose également sur une logique d’écosystème. Le projet couvre aujourd’hui les smartphones, les tablettes, les PC ainsi que différents accessoires connectés. Dan Dery évoque même la possibilité d’étendre cette approche à d’autres catégories d’équipements dans le futur.La différence, selon lui, ne réside pas dans la simple présence d’une même application sur plusieurs appareils. Tous les équipements participent à la construction d’un contexte commun. « Tous vos appareils travaillent ensemble pour enrichir la connaissance que Qira a de vos usages quotidiens », poursuit-il.
Un smartphone utilisé le matin, un PC au bureau ou encore une montre connectée deviennent ainsi différentes sources d’information alimentant une même mémoire utilisateur. Cette continuité constitue l’un des fondements de la démonstration présentée par Lenovo. Qira n’est pas décrit comme une interface supplémentaire mais comme une couche logicielle capable d’accompagner l’utilisateur d’un appareil à l’autre sans rupture de contexte.
Une IA capable d’orchestrer applications et services
La dernière dimension mise en avant par Dan Dery concerne la capacité d’action de l’IA. Dès le début du projet, les équipes Lenovo ont cherché à identifier ce qu’une plateforme intégrée aux équipements pouvait apporter de différent par rapport aux IA accessibles via le cloud. « Dès le départ, nous avons cherché à comprendre ce que Qira pouvait apporter que Claude ou ChatGPT ne permettent pas aujourd’hui. » Selon lui, la différence ne réside pas uniquement dans la qualité des réponses produites mais dans la capacité de l’IA à intervenir directement sur les applications, les services et les équipements utilisés au quotidien.
« C’est une IA capable d’agir, et pas seulement de fournir une réponse. » Cette approche s’inscrit dans la continuité de la réflexion menée par Lenovo autour de l’évolution des systèmes d’exploitation. Dans cette vision, l’utilisateur n’interagit plus nécessairement avec une application dédiée pour solliciter l’intelligence artificielle. Celle-ci devient une couche logicielle capable d’agir en tenant compte du contexte, des habitudes et des services déjà utilisés. À travers Qira, Lenovo défend ainsi une vision dans laquelle l’intelligence artificielle ne se limite plus à une interface conversationnelle, mais devient un mécanisme d’orchestration capable d’intervenir directement au sein de l’environnement numérique de l’utilisateur.
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