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    RETEX ArcelorMittal : refondre le stockage d’une usine qui ne peut jamais s’arrêter

    À Fos-sur-Mer, ArcelorMittal modernise une infrastructure de stockage devenue obsolète, sans interrompre une production fonctionnant en continu. Un projet mené avec Axians et DataCore, qui doit atteindre 250 To d’ici fin 2026.

    Caméras thermiques pour suivre les températures, drones pour inspecter les structures et quantifier les stocks, objets connectés, systèmes SCADA ou outils de simulation : la numérisation du site de Fos-sur-Mer étend progressivement le périmètre des données industrielles. Ces informations doivent être collectées, répertoriées, stockées et analysées pour piloter les lignes de production, renforcer la maintenance, contrôler la qualité et améliorer la maîtrise énergétique et environnementale du site. Certaines applications interagissent directement et en temps réel avec des équipements critiques.

    Du POC à une infrastructure de 250 To

    Cette évolution augmente à la fois les volumes de données, les exigences de performance et le niveau de disponibilité attendu. Dans une usine sidérurgique fonctionnant en continu, une interruption du système d’information peut affecter directement les opérations industrielles. Or, l’infrastructure SAN existante reposait sur des équipements HPE qui n’étaient plus fabriqués. Elle ne pouvait plus être étendue ni pérennisée pour répondre aux nouveaux besoins du site. ArcelorMittal Méditerranée devait donc repenser son architecture de stockage, sans remettre en cause la virtualisation et sans interrompre la production.

    À l’issue d’un appel d’offres, ArcelorMittal a retenu la proposition de l’intégrateur Axians, basée sur les solutions DataCore. Un POC réalisé sur site en 2021 a permis de tester les performances de l’architecture avant son passage en production. Le dispositif combine SANsymphony pour l’hébergement des machines virtuelles et des données courantes, et Swarm pour le stockage objet S3 des données non structurées. Il s’appuie sur de nouveaux serveurs HP DL380 G11 et un stockage exclusivement SSD.

    L’infrastructure doit atteindre 250 To répartis sur une trentaine de clusters DataCore d’ici fin 2026. Quinze étaient déjà opérationnels lors de la réalisation du retour d’expérience. Les bases de données, logiciels métiers, systèmes SCADA et outils de simulation sont migrés progressivement.

    Des tests de panne à chaque nouveau cluster

    L’infrastructure est répartie entre deux locaux distincts. Chaque ajout de cluster donne lieu à des simulations de panne, avec notamment l’arrêt brutal de machines virtuelles afin de vérifier le basculement vers le système de secours. SANsymphony assure également une protection continue des données critiques. Les modifications sont enregistrées et horodatées afin de permettre un retour à un état antérieur en cas d’incident. Quatre membres de l’équipe IT ont été spécifiquement formés à l’administration des solutions.

    « L’assistance de DataCore et de notre partenaire Axians lors des premières migrations a permis une transition sans aucun souci qui se confirme au fur et à mesure du rajout de nouveaux clusters. Notre système est très fiable et nous rassure à 100 % », explique Carlos Martin Guzman, IT Architect chez ArcelorMittal Méditerranée.

    Selon l’entreprise, la nouvelle infrastructure a multiplié par trois ou quatre le nombre d’entrées-sorties et accéléré les applications. L’accès simultané à plusieurs ressources de stockage a également supprimé certaines files d’attente. L’investissement représente 800 000 euros, licences, serveurs et environnement compris. ArcelorMittal vise un retour sur investissement compris entre trois et cinq ans, avec une réduction attendue de 30 à 40 % des coûts d’exploitation.

    La résilience devient un prérequis industriel

    Pour Delphine Ducastel-Boulon, Country Manager France de DataCore, ce projet illustre l’évolution des attentes des industriels en matière de stockage et de continuité d’activité :

    « Dans un environnement industriel où toute interruption de service a des conséquences opérationnelles et économiques majeures, la résilience des infrastructures de données est devenue un prérequis de la performance. Le projet mené avec ArcelorMittal Méditerranée est un excellent exemple de cette évolution : les entreprises ne recherchent plus seulement des capacités de stockage, mais des architectures capables de garantir la disponibilité permanente des données critiques, d’accélérer leur reprise en cas d’incident et d’accompagner durablement leur transformation numérique. En combinant SANsymphony et Swarm, ArcelorMittal Méditerranée s’est doté d’une infrastructure logicielle qui répond à ces nouveaux impératifs de continuité d’activité, de cybersécurité et de maîtrise des coûts. »

    ▶️ à lire également : RETEX : Comment le Crédit Agricole structure sa stratégie data et IA

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