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    Stockage : « alimenter l’IA, préparer la reprise après attaque », entretien avec Thomas Leconte, HPE.

    L’intensification des cyberattaques et les exigences de l’IA font évoluer la place du stockage dans l’entreprise. Au-delà de la conservation des données, il doit faciliter la reprise et alimenter de nouveaux usages professionnels.

    IDC place HPE en première position en France au deuxième trimestre 2026 sur le stockage tout-flash et l’hyperconvergence, ainsi que sur le périmètre global du stockage. Thomas Leconte, Storage Technology Architect Leader chez HPE, met ces résultats en perspective avec l’évolution des attentes des DSI et RSSI, de la conception des infrastructures à leur administration.

    Pourquoi la place de l’infrastructure de stockage a-t-elle évolué ces dernières années ?

    Thomas Leconte : Dans mes échanges avec les organisations, je retrouve plusieurs préoccupations : la protection des données, le redémarrage rapide de l’activité, mais aussi la simplicité opérationnelle et la réduction des coûts d’exploitation. La gestion du risque opérationnel compte également, jusque dans la capacité à approvisionner les équipements.

    « Il faut distinguer deux sujets : utiliser l’IA pour piloter les infrastructures et stocker les données qui vont nourrir une IA d’entreprise. »

    L’IA ajoute une autre dimension. Nous constatons son effet sur la demande en stockage bloc, utilisé pour les données de production. Cette dynamique est encore plus marquée pour les données non structurées. Il faut distinguer deux sujets : utiliser l’IA pour piloter les infrastructures et stocker les données qui vont nourrir une IA d’entreprise.

    Selon IDC, cabinet d’études du marché IT, HPE occupe la première place en France au deuxième trimestre 2026 sur le stockage tout-flash et l’hyperconvergence. J’y vois un écho aux attentes de protection des données et de simplicité opérationnelle. Cette dynamique dépasse d’ailleurs le stockage : toujours selon IDC, HPE occupe également la première place du marché français des serveurs en revenus au deuxième trimestre 2026.

    Comment le stockage contribue-t-il à la reprise après une attaque ?

    Les organisations nous interrogent très régulièrement sur les snapshots immuables et leurs modes de protection. C’est un premier niveau, mais nous cherchons également à intégrer le stockage à leur écosystème de cybersécurité. Nous avons des intégrations validées avec CrowdStrike et Microsoft Defender. Les API permettent aussi de s’interfacer avec des outils XDR ou SOAR qui gèrent la réponse à un incident détecté par un EDR.

    Nous renforçons parallèlement l’intégration entre les baies Alletra MP B10000, qui hébergent les données de production, et nos appliances de protection des données HPE StoreOnce. Selon une politique définie à l’avance, l’organisation peut envoyer directement une copie de ses volumes vers une StoreOnce. Elle dispose ainsi d’une copie sur une technologie différente, avec une politique d’immutabilité distincte, et peut aussi l’externaliser.

    L’accompagnement humain intervient également : notre engagement prévoit l’accès à un expert dans les 30 minutes suivant le signalement d’une indisponibilité liée à un ransomware, pour aider à récupérer des données exploitables.

    Concrètement, qu’attendent les DSI de leur fournisseur de stockage ?

    Les DSI et les RSSI sont de plus en plus exigeants sur les garanties associées à leur infrastructure de stockage : disponibilité des données, efficacité du stockage et capacité de reprise après un incident. Nous y répondons par des engagements concrets, qui portent à la fois sur le fonctionnement de l’infrastructure et sur l’accompagnement des organisations. Sur nos baies de stockage HPE Alletra MP B10000, cela se traduit par sept engagements de service, selon la configuration et les services souscrits.

    « Les DSI et les RSSI attendent des engagements concrets. »

    Ces engagements couvrent notamment les objectifs de reprise, le RPO et le RTO, donc la perte de données admissible et le délai de remise à disposition de l’environnement de stockage. La sécurisation du matériel est un autre volet. Notre infrastructure utilise des composants communs avec les serveurs HPE ProLiant : cartes mères, disques, interfaces Fibre Channel ou Ethernet. Nous nous appuyons sur cette base matérielle pour sécuriser l’approvisionnement de nos infrastructures de stockage. C’est une composante très concrète de la gestion du risque opérationnel.

    Que signifie garder la maîtrise de son stockage ?

    Certaines organisations veulent pouvoir administrer leur stockage depuis leur propre infrastructure, sans dépendre d’une connexion à une plateforme de services externe. Nous disposons depuis longtemps de Data Services Cloud Console, ou DSCC, intégrée à notre plateforme de gestion et de services cloud GreenLake, pour piloter les infrastructures de stockage HPE.

    Début 2025, nous avons lancé l’équivalent de cette console dans les datacenters des organisations, plutôt que dans le cloud HPE. Cette possibilité d’administration sur site répond à une demande précise. Nous constatons aujourd’hui une adoption de plus en plus forte. La simplicité opérationnelle reste importante, et elle doit pouvoir être proposée dans un environnement que l’organisation choisit de maîtriser elle-même.

    Que change l’IA dans l’exploitation des données stockées ?

    L’IA conduit à utiliser les données stockées pour alimenter les applications de l’organisation : rechercher une information dans ses documents, par exemple, ou fournir des éléments de contexte à un assistant IA.

    « Le stockage devient un moteur des usages de l’IA. »

    C’est notamment le rôle des fonctions intégrées à notre solution de stockage HPE Alletra MP X10000, destinée aux données non structurées : documents, images, vidéos, logs… Le RAG, ou génération augmentée par la recherche, permet de rechercher des informations dans ces données pour enrichir les réponses d’un LLM, le grand modèle de langage utilisé par l’organisation. Le stockage contribue ainsi à préparer et à mettre à disposition les données nécessaires à l’IA.

    Nous travaillons également sur l’optimisation de l’inférence, c’est-à-dire l’exécution du modèle pour produire une réponse. Le cache KV conserve des résultats de calcul intermédiaires pour éviter de les recalculer à chaque étape de la génération. L’objectif est d’étendre la capacité de ce cache au-delà de la mémoire des GPU, les processeurs spécialisés dans les calculs d’IA, en s’appuyant sur un système de stockage centralisé.

    Ces usages reposent sur une même plateforme matérielle, HPE Alletra Storage MP, déclinée en B10000 pour le stockage bloc, utilisé notamment par les bases de données et les applications, et en X10000 pour les données non structurées.

    Et pour les équipes qui administrent le stockage, qu’apporte l’IA ?

    L’IA peut permettre aux équipes d’interagir avec leur infrastructure de stockage en langage naturel, en formulant une demande dans un assistant plutôt qu’en naviguant dans les menus de la console d’administration.

    Nous avons intégré à DSCC, notre console de gestion du stockage, un serveur MCP. Le MCP, pour Model Context Protocol, est un protocole qui permet à un assistant IA d’accéder aux fonctions d’un logiciel. Les organisations peuvent ainsi connecter leur propre modèle de langage à notre console et rendre ses fonctions accessibles depuis leur assistant.

    Nous commençons à recevoir des demandes pour explorer cette approche. Il reste à déterminer avec les équipes quelles opérations elles souhaitent réaliser par ce biais et jusqu’où elles veulent aller dans le pilotage de leur stockage.

    ▶️ [pour poursuivre votre lecture] Virtualisation multi-hyperviseurs et IA : HPE renforce son offre GreenLake

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