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    RETEX : la Région Île-de-France déploie un cloud collaboratif souverain pour 550 000 utilisateurs

    Déployer un cloud collaboratif souverain pour 550 000 utilisateurs tout en garantissant performances, sécurité et haute disponibilité : retour sur les choix techniques et organisationnels de la Région Île-de-France.

    Depuis 2024, la Région Île-de-France exploite une plateforme collaborative souveraine accessible aux 470 lycées franciliens. Basée sur Nextcloud, elle dessert près de 550 000 élèves, enseignants et personnels administratifs. Par son ampleur, ce projet figure parmi les plus importants déploiements privés de Nextcloud en Europe. Au-delà de la dimension technologique, il illustre les arbitrages auxquels sont confrontées les DSI lorsqu’elles cherchent à concilier souveraineté numérique, continuité de service et expérience utilisateur.

    Allier souveraineté numérique et qualité de service

    La Région souhaitait proposer une alternative souveraine aux plateformes collaboratives internationales, tout en conservant un niveau de service comparable aux solutions déjà utilisées par les établissements. Pour Bernard Giry, DGA Transformation numérique de la Région Île-de-France, cet équilibre constituait un prérequis : « Le terme de souveraineté ne remplacera jamais la qualité, qui reste un critère essentiel dans le choix d’une solution. Leviia a su combiner les deux : une solution souveraine qui répond aussi aux exigences de qualité et de performance. » Cette logique se retrouve dans l’ensemble du projet. La plateforme n’a pas été pensée comme un simple espace de stockage, mais comme une suite collaborative directement intégrée à l’environnement numérique de travail (ENT) des lycées.

    « Le terme de souveraineté ne remplacera jamais la qualité, qui reste un critère essentiel dans le choix d’une solution.»

    Bernard Giry — DGA Transformation numérique, Région Île-de-France

    L’intégration constituait l’une des principales difficultés du projet. L’ENT centralise l’ensemble des services numériques destinés aux élèves et aux personnels. Le cloud collaboratif devait donc s’intégrer à cette architecture existante sans modifier les habitudes des utilisateurs. La plateforme est connectée au SSO (Single Sign-On), le système d’authentification unique de la Région. Elle est protégée par un WAF (Web Application Firewall), un pare-feu spécialisé dans la protection des applications web, ainsi que par un antivirus placé en frontal. Les journaux d’événements sont envoyés quotidiennement vers le SIEM de la Région, chargé de centraliser et d’analyser les événements de sécurité.

    Intégrer une plateforme collaborative au SI existant

    L’ensemble repose sur des certifications ISO 27001 et HDS. Si la plateforme n’héberge pas de données de santé, ce niveau de certification répondait aux exigences de sécurité fixées par la collectivité. Pour William Meauzoone, directeur général et cofondateur de Leviia, qui fournit la plateforme collaborative : « Il était hors de question de faire du souverain pour faire du souverain. Il faut que ce soit utilisable, il faut que ça fonctionne. L’idée était de proposer aux étudiants une alternative souveraine, directement intégrée à l’ENT. »

    Le dimensionnement constituait un autre enjeu majeur. Avec plus d’un demi-million d’utilisateurs, la plateforme devait absorber une forte volumétrie tout en maintenant un niveau élevé de disponibilité. L’infrastructure repose sur trois data centers distincts. Les données sont réparties grâce à une architecture en erasure coding, une technologie qui fragmente les données et les répartit sur plusieurs serveurs afin de garantir leur disponibilité en cas de défaillance d’un site.

    « La plateforme tourne sur trois sites, synchronisés en temps réel. Les échanges transitent sur un réseau privé à 100 Gbit/s entre les data centers. »

    Albéric Mulliez, Directeur Solutions et Services de Free Pro

    Comme l’explique Albéric Mulliez, Directeur Solutions et Services de Free Pro, dont les équipes ont conçu l’infrastructure d’hébergement de la plateforme : « La demande de la Région était de disposer de trois data centers. Aujourd’hui, la plateforme tourne sur trois sites, synchronisés en temps réel. Les échanges transitent sur un réseau privé à 100 Gbit/s entre les data centers. » L’infrastructure bénéficie également d’un transit Internet sécurisé jusqu’à 150 Gbit/s, d’une protection anti-DDoS contre les attaques par saturation et d’une politique de sauvegarde conservant jusqu’à 180 jours de snapshots afin de restaurer rapidement les données en cas d’incident.

    Automatiser la gestion de 550 000 identités

    La principale complexité ne concernait pourtant pas l’infrastructure. Chaque nuit, la plateforme doit synchroniser les évolutions de plusieurs centaines de milliers de comptes. Changement de classe, d’établissement, de nom, de statut ou d’affectation : autant de modifications qui doivent être automatiquement répercutées afin que chaque utilisateur conserve les bons droits d’accès. À cette échelle, la gestion du cycle de vie des identités devient un enjeu aussi important que l’authentification elle-même. Les équipes présentent d’ailleurs cette brique comme l’un des principaux défis techniques rencontrés au cours du projet.

    La plateforme attribue 10 Go de stockage à chaque élève et 100 Go aux enseignants. Elle permet le partage interne et externe de documents, la gestion fine des droits d’accès ainsi que l’édition collaborative en temps réel. Accessible depuis un navigateur web, une application mobile ou directement depuis les Chromebooks progressivement déployés dans les lycées franciliens, elle s’intègre désormais aux usages quotidiens des établissements. Derrière ces fonctionnalités visibles, le projet illustre surtout les conditions nécessaires pour déployer une plateforme collaborative souveraine à très grande échelle : une intégration étroite au système d’information existant, une architecture distribuée, une forte automatisation des identités et des exigences de disponibilité comparables à celles des grandes plateformes cloud.

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    Ce retour d’expérience a été détaillé lors de l’atelier “550 000 utilisateurs, un cloud souverain : les coulisses du projet mené par la Région Île-de-France”, organisé dans le cadre du Salon de la Souveraineté Numérique 2026.

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