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    Collectivités et PME : une offre cloud souveraine multisite émerge autour de deux datacenters sarthois

    Collectivités, PME et acteurs publics cherchent à réduire leur dépendance aux hyperscalers tout en renforçant la résilience de leurs infrastructures. En Sarthe, l’interconnexion des datacenters Datagrex et Sartera vise à rendre accessibles des services cloud souverains, multisites et à haute disponibilité.


    L’hébergement des données ne constitue plus uniquement un enjeu technique. Pour les collectivités territoriales comme pour les PME, les questions de souveraineté, de continuité d’activité et de maîtrise des coûts prennent une place croissante dans les choix d’infrastructure. C’est dans cette logique que Sarthe Numérique, Sartel et DRI annoncent l’interconnexion des datacenters Sartera et Datagrex, deux infrastructures implantées dans le département. Le projet doit permettre aux collectivités et aux entreprises d’accéder à des services comparables à ceux des grands fournisseurs de cloud, avec des données hébergées localement.

    Kubernetes déployé sur deux datacenters sarthois

    L’interconnexion repose sur une technologie WDM (Wavelength Division Multiplexing), utilisée pour transporter plusieurs flux de données sur une même fibre optique. Cette architecture permet d’établir un lien direct entre les deux centres de données avec une capacité pouvant atteindre 400 Gbit/s. Selon les partenaires, la latence reste inférieure à une milliseconde, un critère essentiel pour les applications critiques nécessitant des échanges permanents entre les deux sites.

    Une liaison WDM à 400 Gbit/s entre Datagrex et Sartera

    Dans ce dispositif, Sartera accueille notamment cinq baies hébergeant les infrastructures du groupe DRI. L’opération permet à l’hébergeur d’étendre son cloud Kubernetes, plateforme d’orchestration de conteneurs largement utilisée pour déployer et gérer des applications modernes, sur plusieurs sites géographiques. L’architecture est conçue pour assurer une disponibilité de service de 99,999 % grâce à la réplication en temps réel des données entre les deux datacenters.

    L’un des intérêts de cette approche réside dans l’accès à des mécanismes de continuité d’activité généralement réservés aux grandes organisations. En cas d’incident sur l’un des sites, le basculement des services vers l’autre infrastructure est automatisé. Cette logique de PCA (Plan de Continuité d’Activité) permet de maintenir les applications et les données accessibles sans interruption significative.

    Frugalia : un programme d’IA souveraine hébergé en France

    Le dispositif cible aussi les données sensibles. DRI dispose notamment d’une certification HDS (Hébergement de Données de Santé), exigée pour certaines catégories d’informations médicales. L’ensemble s’appuie également sur plusieurs certifications, dont ISO 27001 pour la sécurité de l’information et ISO 14001 pour le management environnemental. Pour les collectivités locales, les établissements publics ou certaines PME soumises à des exigences réglementaires croissantes, cette approche vise à proposer des capacités de résilience et de conformité sans recourir à des infrastructures situées hors du territoire.

    HDS et ISO 27001 : un socle orienté conformité

    Au-delà de l’hébergement, les partenaires mettent également en avant la dimension environnementale du projet. Le datacenter Datagrex affiche un PUE (Power Usage Effectiveness) de 1,13, tandis que Sartera revendique un PUE de 1,25. Cet indicateur mesure l’efficacité énergétique d’un centre de données : plus il se rapproche de 1, plus l’énergie consommée est utilisée directement par les équipements informatiques.

    Cette infrastructure doit également servir de socle à de nouveaux services. DRI annonce notamment le développement d’une plateforme d’intelligence artificielle souveraine reposant sur une infrastructure hébergée en France. L’entreprise participe également au programme Frugalia, un projet de recherche consacré à l’intelligence artificielle souveraine et éco-responsable, mené avec Easyvirt et le laboratoire IMT Atlantique. L’initiative vise à rapprocher les capacités de calcul liées à l’IA des territoires tout en conservant la maîtrise des données et des infrastructures sous juridiction française.

    ➡️ [RETEX] « Êtes-vous prêts au pire ? » : comment le Crédit Agricole intègre résilience et souveraineté dans ses décisions

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