Alors que les cessions-acquisitions de PME reculent de 12 % en France en 2025, le secteur Technologies, Médias et Télécommunications (TMT) progresse de 21 % et concentre 41,6 % des opérations recensées.
Le marché français des cessions-acquisitions de PME marque un net ralentissement en 2025. Selon la 10e édition du Panorama Régions & Transmission d’In Extenso Finance et Epsilon Research, 1 076 opérations ont été recensées, contre 1 226 en 2024, soit un recul de 12 %. Le secteur Technologies, Médias et Télécommunications (TMT) fait figure d’exception.
Avec 448 opérations enregistrées en 2025, contre 370 environ un an plus tôt, le secteur affiche une progression de 21 %. Il représente à lui seul 41,6 % des transactions small cap en France. Aucun autre secteur n’est en croissance cette année.
Cloud, SaaS et cybersécurité soutiennent les acquisitions
Le poids des TMT dans les opérations de M&A s’explique d’abord par la poursuite de la transformation numérique des entreprises. Les besoins en digitalisation, en cloud computing, en infrastructures télécoms, en cybersécurité ou encore en intelligence artificielle soutiennent la demande pour des actifs technologiques.
Les investisseurs ciblent notamment les ESN, éditeurs de logiciels, opérateurs télécoms, hébergeurs cloud ou spécialistes des data centers. La montée en puissance de technologies comme l’IA générative, la 5G ou les plateformes SaaS (Software as a Service) renforce encore l’attractivité du secteur.
Les valorisations restent également supérieures à celles des secteurs traditionnels. Le rapport évoque des multiples pouvant atteindre 12 à 15 fois l’EBITDA, contre 7 à 9 fois dans d’autres industries. Cette prime entretient l’intérêt des acquéreurs stratégiques et financiers.
Les fonds représentent 20 % des acquéreurs en 2025
Autre moteur du marché : l’activité des fonds d’investissement. En 2025, ils représentent 20 % des acquéreurs sur l’ensemble du marché, contre 17 % en 2024. Dans la Tech, leur rôle est encore plus visible via les stratégies de build-up, qui consistent à réaliser plusieurs acquisitions successives pour consolider un portefeuille.
Sur l’ensemble du marché, ces opérations représentent désormais 43 % des transactions, contre 32 % en 2024. Dans les TMT, cette proportion atteint 45 %. L’objectif est d’agréger rapidement des expertises, des portefeuilles clients ou des implantations géographiques. Cette logique concerne particulièrement les acteurs des services numériques, du cloud, de la cybersécurité et des télécommunications.
IA, data centers et souveraineté numérique attirent les capitaux
La dynamique du secteur repose aussi sur l’émergence de nouveaux relais de croissance. La massification de l’intelligence artificielle, la demande en infrastructures cloud et data centers, ainsi que les enjeux de souveraineté numérique attirent les investisseurs.
Malgré un environnement économique et géopolitique incertain, les actifs technologiques restent perçus comme plus résilients. Les acquéreurs privilégient toutefois des entreprises déjà structurées, avec une gouvernance solide et un potentiel de transformation identifiable.
Cette sélectivité accrue pourrait encore renforcer la consolidation du marché IT français en 2026, au bénéfice des acteurs capables de démontrer leur rentabilité et leur positionnement sur des segments recherchés.




