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    IT et industrie : seulement 16 % de femmes dans les Codir

    Seulement 16 % de femmes siègent dans les comités de direction des entreprises IT et industrielles en 2026. Malgré un vivier de talents plus large aux niveaux intermédiaires, l’accès aux fonctions stratégiques reste limité, révélant des blocages structurels persistants.


    L’accès des femmes aux instances dirigeantes reste limité dans plusieurs secteurs clés, notamment l’IT et l’industrie. Une étude menée par nomination.fr sur 450 000 décideurs en France met en évidence un décalage persistant entre les niveaux intermédiaires de management et les fonctions exécutives. Ce déséquilibre interroge directement les modèles de gouvernance et les mécanismes de promotion internes.

    IT et industrie : 16 % de femmes en Codir malgré 29 à 30 % au niveau directeur

    Au global, les femmes représentent 48 % des postes de management. Elles ne sont pourtant que 24 % dans les comités de direction (Codir), ces instances où se prennent les décisions stratégiques. Cette progression de 4 points depuis 2020 reste insuffisante pour envisager une parité à horizon 2030.

    « Derrière une volonté largement affichée, la réalité des chiffres montre que la parité reste encore incomplète, notamment dans les instances de gouvernance où se concentrent les décisions stratégiques. La loi de mars 2026 est une avancée majeure, mais son impact ne se fera sentir qu’à condition d’un engagement fort des entreprises pour transformer leurs pratiques », analyse Serge Papo, Président de Nomination.

    Les secteurs IT et industriels apparaissent parmi les plus en retard. Dans la tech, les femmes occupent 16 % des postes en Codir, contre 29 % au niveau directeur. Dans l’industrie, elles sont 19 % en Codir pour 30 % au niveau directeur. Ce décalage montre que le vivier existe mais que l’accès aux instances exécutives reste limité. Le phénomène de plafond de verre se matérialise au moment du passage vers les fonctions stratégiques.

    Systèmes d’information : seulement 9 % de femmes dans les directions IT

    À l’inverse, certains secteurs affichent des niveaux plus élevés. Le secteur associatif atteint 36 % de femmes en Codir, tandis que l’administration et les collectivités montent à 31 %. Les médias atteignent 30 %. Ces environnements restent toutefois minoritaires et aucun secteur n’atteint la parité en 2026. L’étude met en évidence une forte segmentation des métiers selon le genre. Les fonctions techniques et stratégiques restent largement masculines.

    Dans les systèmes d’information, qui regroupent les directions IT, les femmes ne représentent que 9 % des postes au niveau directeur. À titre de comparaison, elles occupent 71 % des fonctions ressources humaines, 67 % en communication et 60 % en RSE (Responsabilité sociétale des entreprises).

    Les postes de direction générale restent également peu féminisés, avec 21 % de femmes. Les directions commerciales atteignent 24 %. Cette répartition reflète des biais persistants dans l’accès aux fonctions les plus exposées ou à forte responsabilité technique.

    B2C vs B2B : un écart de 10 points sur la féminisation

    Au-delà des enjeux de gouvernance, l’étude établit un lien entre diversité et performance économique. Les entreprises disposant d’un Codir paritaire affichent une probabilité supérieure de 32 % d’entrer en phase d’hypercroissance. La progression reste néanmoins lente. La part des femmes au niveau directeur est passée de 32 % en 2020 à 36 % en 2025. À ce rythme, la parité ne serait atteinte qu’à l’horizon 2040.

    Certains facteurs accélèrent toutefois cette évolution. Les entreprises B2C présentent un écart de +10 points par rapport au B2B. Les structures à capitaux publics affichent +12 points, et les entreprises cotées +5 points. La gouvernance et l’exposition publique influencent directement la féminisation des instances dirigeantes.

    « Bien que des avancées notables soient observées, notre étude révèle que le chemin vers une réelle parité au sein des instances dirigeantes est encore long. Il est impératif d’accélérer nos efforts pour transformer durablement les modèles de gouvernance et garantir un accès équitable aux fonctions stratégiques » conclut Serge Papo.

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