Entre frais cachés, dépendance au Cloud Act et croissance exponentielle des volumes de data, les entreprises et les administrations cherchent des alternatives pragmatiques en matière de stockage.
C’est sur ce terrain que se positionne l’éditeur allemand Impossible Cloud, récemment implanté en France. Pauline Henry, sa Sales Manager pour la France, revient sur la stratégie et les ambitions de l’entreprise.
Comment est né Impossible Cloud ?
Pauline Henry : Impossible Cloud a été créé en 2021 par Kai Wawrzinek et Christian Kaul. Kai Wawrzinek avait déjà démontré sa capacité à transformer une idée en succès mondial avec Goodgame Studios, une société de jeux vidéo qui a atteint plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires et plus de 1 400 employés en seulement quelques années, avant d’être cotée au Nasdaq. Christian Kaul, de son côté, a contribué aux premières étapes de croissance de deux scale-up emblématiques, Airbnb et Groupon, où il a acquis une solide expérience dans le passage de l’idée au déploiement international.
Cette double expérience, mêlant entrepreneuriat pur et montée en puissance de scale-up mondiales, leur a permis de lancer Impossible Cloud avec des bases solides et une vision claire. Leur point de départ a été très concret : dans le jeu vidéo, le volume de fichiers graphiques à stocker est colossal et les coûts associés deviennent vite un frein. De ce constat est née l’idée d’une solution de stockage plus abordable, plus simple et surtout mieux adaptée aux besoins concrets des entreprises.
Plus largement, à quels enjeux répondez-vous ?
P. H. : Nous proposons une solution de stockage cloud S3 compatible. Cela signifie qu’elle s’intègre à toutes les applications et environnements déjà conçus pour l’API S3. Notre promesse repose sur trois aspects principaux. Le premier est la souveraineté des données. Nous sommes une société européenne, basée en Allemagne. Toutes les données sont hébergées en Europe et traitées par une entité européenne. Cela garantit une conformité totale au RGPD et nous évite toute exposition au Cloud Act américain. Pour des clients sensibles, comme ceux du secteur public, cet aspect est décisif.
Le deuxième est la transparence des coûts. Contrairement aux hyperscalers, nous ne facturons ni frais d’egress, ni frais de sortie. Le modèle est basé sur une tarification au téraoctet par mois, sans surprises. Pour les prestataires IT comme pour les clients finaux, cela facilite la planification budgétaire.
Le troisième point est la simplicité d’utilisation. La plateforme est conçue pour être intuitive et rapide à prendre en main, sans nécessiter de longues certifications. Lors d’une démonstration, il suffit de quelques minutes pour comprendre le fonctionnement et visualiser l’ensemble des capacités de la solution. Cette simplicité est pensée pour les MSP et les intégrateurs qui doivent pouvoir administrer rapidement les environnements de leurs clients.
Comment vous différenciez-vous sur ce marché déjà très concurrentiel ?
P. H. : Notre message est simple : nous apportons une alternative européenne concrète et crédible. Nous nous adressons à un spectre large d’entreprises, depuis les PME jusqu’aux grands comptes. Les priorités peuvent varier. Pour les PME, la simplicité et la facilité d’usage sont déterminantes. Pour les grands comptes ou les administrations, la souveraineté et la sécurité des données sont des priorités fortes. Nous leur offrons aussi la garantie que leurs données ne sont pas soumises au Cloud Act, un élément qui fait aujourd’hui toute la différence face aux fournisseurs américains.
Au-delà de ces différences sectorielles, la demande mondiale en stockage explose. Les médias et le jeu vidéo, qui manipulent des fichiers extrêmement volumineux, la santé, avec l’imagerie médicale et la recherche génomique, la finance, contrainte de conserver d’immenses volumes réglementaires, la vidéosurveillance qui génère des flux massifs en continu, ou encore l’industrie avec les données issues de capteurs et d’objets connectés, sont autant d’exemples de secteurs confrontés à cette croissance exponentielle.
Dans le même temps, les entreprises comme les établissements publics subissent des contraintes budgétaires majeures. C’est précisément à cette équation difficile qu’Impossible Cloud souhaite répondre, en offrant une solution souveraine, simple et économiquement transparente, jusqu’à 80 % moins cher que celles des hyperscalers.
Quelle est votre approche en matière de distribution ?
P. H. : Notre modèle est 100 % indirect, nous ne traitons pas en direct avec les clients finaux. C’est un choix assumé, car nous considérons que nos partenaires sont les mieux placés pour comprendre les besoins spécifiques de leurs clients et y répondre avec réactivité.
Nous comptons déjà environ 1 200 partenaires actifs en Europe, pour 25 000 utilisateurs, et ce chiffre est appelé à croître rapidement. Dans plusieurs pays d’Europe, notre channel est déjà structuré, autour de MSP pan européens, mais aussi de revendeurs plus locaux. En France, nous débutons tout juste notre implantation. Nous venons d’annoncer l’ouverture d’un premier distributeur : SoftValue.
Pourquoi avoir choisi SoftValue comme premier distributeur en France ?
P. H. : SoftValue est un distributeur à taille humaine, et c’est précisément ce qui a guidé notre choix. Pour une société comme Impossible Cloud, qui ouvre le marché français, il était essentiel de travailler avec un partenaire capable de mettre un réel focus sur nos solutions, de ne pas être noyés au milieu d’un portefeuille trop large.
Leur équipe connaît parfaitement le marché français et entretient des relations de proximité avec ses partenaires. Ils ont prouvé ces dernières années leur capacité à se positionner sur les enjeux de souveraineté numérique, en développant notamment le réseau de partenaires de l’éditeur français Mailinblack. Cette expertise spécifique, associée à leur taille plus agile, en fait un partenaire idéal pour lancer notre activité en France.
Quelles sont vos ambitions et perspectives dans les prochains mois ?
P. H. : Nous sommes aujourd’hui présents dans plus de dix pays européens, avec des datacenters en Allemagne, aux Pays-Bas, en Pologne, au Danemark et au Royaume-Uni. La France est notre prochaine étape, avec une ouverture imminente, et nous amorçons également une implantation aux États-Unis.
Après avoir posé ses bases en Europe, Impossible Cloud veut désormais faire de la France un pilier stratégique de son développement pour accélérer la construction d’un écosystème souverain à l’échelle européenne. Ma mission est d’apporter de nouvelles solutions aux MSP, intégrateurs et revendeurs français, afin de leur permettre de répondre concrètement aux attentes de leurs clients : maîtriser leurs coûts, protéger leurs données et assurer leur souveraineté.
Entretien réalisé par Guilhem Thérond




