Les établissements financiers font face à une hausse marquée des tentatives de fraude. Identité numérique, faux documents et parcours d’onboarding en ligne deviennent des points d’attaque privilégiés, dans un contexte d’automatisation croissante des fraudes et d’usage accru de l’intelligence artificielle.
Faux justificatifs, usurpation d’identité et détournement de parcours en ligne deviennent des vecteurs de fraude plus fréquents dans la finance. Une enquête menée par Xerfi Specific, cabinet d’études économiques, pour Signaturit Group, prestataire européen spécialisé dans les transactions numériques sécurisées, indique que 62 % des banques et assureurs interrogés constatent une hausse des tentatives de fraude.
62 % des banques et assureurs constatent une hausse des tentatives de fraude
L’étude repose sur une enquête réalisée entre le 2 septembre et le 10 octobre 2025 auprès de 200 entreprises françaises de plus de 200 salariés. Parmi elles, 60 organisations issues des secteurs bancaire et assurantiel ont été interrogées. Les répondants regroupent principalement des DSI, des responsables sécurité des systèmes d’information (RSSI), des directeurs techniques ou des responsables de la transformation numérique.
La généralisation des parcours numériques – ouverture de compte, souscription de contrats ou signature de documents – multiplie les interactions en ligne. Elle élargit aussi les surfaces d’attaque pour les fraudeurs. Les étapes d’identification et de vérification des documents apparaissent comme des points de vulnérabilité majeurs. Les fraudeurs cherchent notamment à exploiter les processus d’onboarding numérique, c’est-à-dire les étapes d’inscription ou de création de compte réalisées entièrement en ligne.
Les attaques reposent souvent sur des faux justificatifs ou des identités usurpées. Dans des parcours dématérialisés, ces manipulations peuvent être difficiles à détecter par des contrôles humains. Les technologies de génération de documents facilitent la production de faux justificatifs crédibles. Certains fraudeurs automatisent également leurs tentatives afin de tester plusieurs combinaisons d’informations dans les formulaires en ligne. Ces évolutions poussent les établissements financiers à renforcer leurs dispositifs de vérification d’identité et de contrôle documentaire.
53 % des établissements utilisent déjà l’IA pour analyser les transactions
Pour détecter ces fraudes, les banques et assureurs déploient progressivement des outils d’analyse automatisée. L’étude indique que 53 % des organisations interrogées utilisent déjà des solutions intégrant de l’intelligence artificielle. Ces technologies permettent d’examiner de grands volumes de données issues des parcours numériques : documents transmis par les clients, métadonnées associées aux fichiers ou historiques de transaction.
Pour 69 % des organisations interrogées, l’IA doit avant tout permettre de gagner du temps et d’automatiser certaines tâches de contrôle. Les équipes conformité peuvent ainsi concentrer leurs investigations sur les situations les plus sensibles. Dans le même temps, les fraudeurs utilisent eux aussi des outils automatisés pour générer de faux documents ou multiplier les tentatives d’attaque.
45 % des organisations ont mis en place des mesures internes face aux risques liés à l’IA
L’usage croissant de l’intelligence artificielle modifie l’équilibre entre défense et attaque. Les établissements financiers doivent adapter leurs mécanismes de contrôle pour limiter les nouveaux risques. Plusieurs projets apparaissent prioritaires : amélioration des parcours d’onboarding, renforcement des contrôles KYC (Know Your Customer, procédures d’identification des clients) et automatisation des processus de conformité.
Ces dispositifs visent à concilier trois impératifs : sécuriser les transactions numériques, maintenir des parcours clients fluides et répondre aux exigences réglementaires. L’étude souligne néanmoins que seules 45 % des organisations interrogées ont mis en place des mesures internes pour encadrer les risques liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Méthodologie : Enquête réalisée par Xerfi Specific, cabinet d’études économiques, pour Signaturit Group, prestataire européen spécialisé dans les transactions numériques sécurisées, du 2 septembre au 10 octobre 2025 auprès de 200 entreprises françaises de plus de 200 salariés, dont 60 acteurs de la banque et de l’assurance (DSI, RSSI, CTO et responsables de la transformation).




