More
    spot_img

    Achats publics IT : la tech française réagit face au tournant souverain évoqué dans les achats publics

    Dans un entretien accordé à Le Figaro, l’État indique vouloir flécher 4,5 milliards d’euros d’achats publics numériques vers des acteurs français. Une annonce qui pose une nouvelle fois la question de la souveraineté technologique dans la commande publique et suscite déjà de premières réactions dans la tech française.


    Dans les colonnes de Le Figaro, l’exécutif évoquait le 06 février dernier la réorientation de 4,5 milliards d’euros d’achats publics numériques vers des acteurs français. Le sujet de la dépendance des administrations aux offres américaines, notamment dans les logiciels et services numériques du secteur public, est ainsi soulevé.

    Pour les acteurs de la tech française et européenne, cette annonce renvoie à des enjeux opérationnels bien identifiés. Les marchés publics structurent des volumes significatifs, imposent des exigences de conformité élevées et influencent directement les feuilles de route des éditeurs, intégrateurs et opérateurs de services numériques. Ils conditionnent aussi la capacité des acteurs français à investir dans la R&D, à maintenir des infrastructures locales et à répondre aux contraintes réglementaires européennes.

    4,5 Md€ d’achats publics numériques : une première réaction dans la cyber française

    Parmi les premières prises de position, Thomas Kerjean, PDG de l’éditeur français Mailinblack et ancien directeur de la division Cloud et IA de Microsoft, réagit publiquement à cette annonce.

    « Aujourd’hui, la France prend la décision majeure de ne plus être l’idiot utile des vraies puissances, mais d’en devenir une elle aussi, avec l’Europe. Derrière cette décision, il y a un enjeu majeur : faire que la France puisse se défaire de son statut de colonie américaine et redevenir souveraine sur l’industrie numérique, industrie qui gouvernera toutes les autres industries

    « Faire que la France puisse se défaire de son statut de colonie américaine »

    Thomas Kerjean, PDG de Mailinblack

    « Cette orientation marque une étape majeure dans la prise de conscience : la souveraineté numérique comme un pilier des politiques publiques, c’est la volonté de se repositionner clairement dans le monde actuel. Il y aura un avant et un après. Avant, on regardait les vraies puissances, États-Unis et Chine, investir dans l’innovation, puis consolider les innovations par la commande publique afin de créer des leaders mondiaux. Leaders mondiaux qui ont mangé chez nous, sans payer l’addition. »

    Cette réaction s’inscrit dans un contexte plus large de questionnements récurrents autour de la place de la souveraineté technologique dans la commande publique. Pour les acteurs de la tech française et européenne, les déclarations évoquant un possible fléchage des achats publics interrogent moins le montant avancé que les modalités concrètes de mise en œuvre : critères de sélection, exigences de conformité, capacité des solutions retenues à s’inscrire dans les architectures existantes et à répondre aux contraintes opérationnelles du secteur public. Autant d’éléments qui conditionnent, au-delà des annonces, la portée réelle des choix opérés dans les achats publics numériques.

    À lire également : 1,9 milliard d’emails analysés : cartographie des cyberattaques email en France

    spot_img
    spot_imgspot_imgspot_img

    Derniers articles

    Articles liés