Disponibilité d’Oracle AI Database@AWS dans la région Paris, intégration avec Gemini Enterprise, connexion à BigQuery ou encore nouvelles capacités d’interconnexion entre OCI et AWS : en quelques semaines, Oracle a multiplié les annonces autour de sa base de données. Une série d’évolutions qui témoigne d’un repositionnement plus large de la plateforme à l’ère de l’IA générative et de l’IA agentique.
Voir Oracle investir simultanément dans AWS et Google Cloud peut sembler contre-intuitif. L’éditeur dispose pourtant de son propre cloud public, Oracle Cloud Infrastructure (OCI). Les annonces réalisées depuis fin avril suggèrent toutefois que le sujet n’est plus uniquement l’infrastructure. Longtemps, la valeur d’une base de données reposait principalement sur sa capacité à stocker, sécuriser et restituer l’information. L’essor de l’IA modifie progressivement cet équilibre. Les données deviennent désormais le point d’entrée des agents IA, des outils analytiques et des modèles génératifs. Dans ce contexte, la capacité à exploiter des données réparties entre plusieurs environnements prend davantage d’importance que le choix d’un cloud unique.
« L’objectif d’Oracle est d’amener aussi l’IA à la data »
« L’objectif d’Oracle est d’amener aussi l’IA à la data », explique Christophe Negrier, SVP EMEA South, Technology et Country Manager Oracle France. « C’est fondamental pour que les organisations puissent retirer tous les bénéfices de cette avancée technologique révolutionnaire que constitue l’IA ; que celle-ci soit générative ou agentique. Et dans ce cadre, nous mettons tout en oeuvre pour faciliter l’adoption de l’IA par l’ensemble des clients, ce qui passe notamment par la mise à disposition de solutions multicloud. » Cette lecture se retrouve dans l’ensemble des annonces récentes. Oracle ne présente plus Oracle AI Database comme une simple base de données exécutée dans OCI, mais comme une plateforme destinée à alimenter des usages IA opérant dans plusieurs environnements cloud.
AWS Paris, Gemini Enterprise et BigQuery étendent l’écosystème Oracle AI Database
La disponibilité d’Oracle AI Database@AWS dans la région AWS Europe (Paris) illustre cette évolution. Les entreprises françaises peuvent désormais exécuter Oracle Exadata Database Service, Oracle Autonomous AI Database et Oracle Autonomous AI Lakehouse sur une infrastructure OCI déployée au sein d’AWS. L’annonce ne se limite pas à une extension géographique. Oracle associe systématiquement cette offre aux services analytiques, de machine learning et d’IA générative d’AWS, notamment Amazon Bedrock. La base de données devient ainsi une composante d’un écosystème IA plus large plutôt qu’un environnement isolé.
Le partenariat avec Google Cloud suit une logique similaire. Oracle AI Database Agent for Gemini Enterprise permet désormais d’interroger des données Oracle en langage naturel. Derrière cette évolution se dessine un changement de rôle pour la base de données : celle-ci devient directement accessible depuis des interfaces conversationnelles utilisées par les métiers. Oracle a également annoncé l’intégration d’OCI GoldenGate, sa technologie de réplication et de migration temps réel, ainsi qu’une connexion entre Oracle Autonomous AI Lakehouse et Google BigQuery. Le point commun entre ces annonces réside moins dans les technologies elles-mêmes que dans leur finalité : faciliter l’exploitation de données réparties entre plusieurs plateformes sans multiplier les duplications.
Les architectures multicloud deviennent la référence des projets IA
La troisième annonce concerne l’interconnexion entre OCI et AWS. Oracle prévoit de connecter Oracle Interconnect à AWS Interconnect–multicloud afin de simplifier les échanges entre les deux environnements. L’intérêt de cette évolution dépasse largement la connectivité réseau. Les projets d’IA reposent rarement sur une source de données unique. Applications métier, entrepôts analytiques, data lakes et bases transactionnelles coexistent souvent sur plusieurs plateformes. Chaque réplication supplémentaire ajoute des contraintes de gouvernance, de conformité et de synchronisation. « Oracle continue d’améliorer la connectivité multicloud dans le cadre de son engagement à aider les clients à gagner en flexibilité, en agilité et en performance à travers les environnements cloud », conclut Nathan Thomas, senior vice president, product management, Oracle Cloud Infrastructure.
Cette succession d’annonces traduit finalement une évolution plus large du marché. Pendant des années, les fournisseurs cloud ont cherché à concentrer applications, données et services au sein d’un même environnement. Oracle semble désormais partir d’un constat différent : les données resteront durablement réparties entre plusieurs clouds. Dans cette configuration, la valeur se déplace progressivement vers les technologies capables d’orchestrer, d’exposer et d’exploiter ces données pour les usages IA, quel que soit l’environnement dans lequel elles résident.
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