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    Réindustrialisation : 43 % des entreprises voient l’IA physique comme levier de relocalisation

    L’IA physique, capable d’agir dans le monde réel via des robots, est déjà explorée par 79 % des organisations. Une étude menée auprès de 1 678 grandes entreprises par le Capgemini Research Institute précise usages, freins et priorités à trois à cinq ans.


    L’IA physique regroupe des systèmes capables de percevoir, décider et agir dans le monde réel via des robots. Elle s’appuie notamment sur des modèles d’IA avancés capables de traiter des données issues de capteurs, ainsi que sur des environnements de simulation pour entraîner les machines à grande échelle. Selon l’étude, 79 % des organisations sont déjà engagées sur ce sujet, dont 27 % en phase de déploiement ou de passage à l’échelle.

    Réindustrialisation : l’IA physique intégrée aux stratégies d’automatisation

    La dynamique autour de l’IA physique s’inscrit directement dans les stratégies de réindustrialisation. Selon l’étude, 43 % des dirigeants considèrent cette technologie comme un levier pour relocaliser la production à grande échelle. Cette approche repose sur la capacité des robots à opérer dans des environnements variables, au-delà des chaînes d’automatisation fixes.

    60 % des dirigeants anticipent de nouveaux usages robotisés dans des environnements complexes

    L’IA physique permet d’introduire plus de flexibilité dans les lignes de production, avec des systèmes capables de s’adapter à différentes tâches sans reconfiguration lourde. Au-delà de la relocalisation, les entreprises identifient également des gains en sécurité et en conditions de travail. Plus de la moitié des dirigeants mettent en avant une réduction de la pénibilité physique.

    L’étude met en avant une évolution des cas d’usage. 60 % des dirigeants estiment que l’IA physique permettra de déployer des robots dans des environnements jusqu’ici difficiles à automatiser. Les applications concernent notamment les opérations dangereuses, la micro-logistique ou encore l’inspection terrain. Dans l’industrie, cela se traduit par des usages comme l’assemblage dynamique. Dans le secteur public, les robots sont envisagés pour l’assistance aux soins ou aux personnes âgées.

    Robotique terrain : inspection, logistique et opérations à risque en première ligne

    Cette progression repose sur plusieurs briques technologiques. Les modèles de fondation améliorent la capacité des robots à prendre des décisions. Les technologies de simulation accélèrent leur apprentissage. L’edge computing, qui consiste à traiter les données directement sur les équipements, réduit la latence et permet une meilleure réactivité sur le terrain. D’autres facteurs contribuent à cette dynamique, comme la baisse des coûts matériels, l’émergence de modèles économiques tels que la robotique as a service (RaaS), ou encore l’utilisation de réseaux privés 5G pour assurer la connectivité des équipements.

    ROI incertain : plus de 60 % des entreprises sans visibilité

    Malgré cet intérêt, le passage à l’échelle reste limité. Seuls 4 % des dirigeants déclarent avoir déployé l’IA physique à grande échelle, alors que près des deux tiers anticipent une généralisation dans les cinq prochaines années. Près de huit dirigeants sur dix identifient des difficultés liées à la maturité technologique et opérationnelle. Les robots humanoïdes concentrent une partie de ces limites. 72 % des répondants évoquent des problèmes de fiabilité ou de dextérité, 63 % des coûts élevés et 58 % des difficultés d’entraînement.

    La question du retour sur investissement reste également ouverte. Plus de six dirigeants sur dix déclarent ne pas disposer d’une vision claire sur ce point. À cela s’ajoute un enjeu d’acceptation, notamment en France où 68 % des dirigeants anticipent une résistance du public face aux robots humanoïdes.

    L’analyse d’Alexandre Embry, Directeur du Lab AI Robotics chez Capgemini :

    « Notre étude montre une dynamique mondiale déjà très forte autour de l’IA physique : 79 % des organisations sont déjà engagées. Dans ce mouvement, la France se distingue par un niveau de conviction élevé : 66 % des dirigeants en France considèrent que l’IA physique va changer la donne pour leur industrie, et 63 % en font déjà une priorité élevée dans leur stratégie d’automatisation à trois‑cinq ans. Au-delà de l’innovation, l’enjeu est clairement industriel : ce que recherchent d’abord les entreprises, c’est l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et le renforcement de la sécurité des travailleurs – un bénéfice jugé majeur par 57 % des répondants. »


     ➡️ À lire également : Dans la peau d’un RSSI en collectivité ?

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