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    Énergie : 20 ans de données pour mesurer l’impact réel d’un datacenter

    Opérateur européen de datacenters, Data4 publie, avec le cabinet d’ingénierie APL Data Center, une analyse environnementale complète du cycle de vie d’un datacenter de 5 MW, couvrant construction, exploitation et démantèlement.


    La croissance rapide des capacités de calcul, portée notamment par l’IA, relance le débat sur l’empreinte environnementale des infrastructures numériques. Si l’attention publique se concentre souvent sur la consommation électrique ou hydrique en phase d’exploitation, peu d’acteurs documentent l’impact global d’un datacenter sur l’ensemble de son cycle de vie. C’est ce que cherchent à objectiver Data4 et APL Data Center à travers la publication d’un livre blanc fondé sur une Analyse de Cycle de Vie (ACV) complète.

    L’étude porte sur un datacenter de 5 MW exploité par Data4 et s’appuie sur les normes internationales ISO 14040 et ISO 14044. Elle intègre l’ensemble des étapes, depuis l’extraction des matières premières jusqu’au démantèlement du site, en excluant les serveurs IT afin de se concentrer sur l’infrastructure elle-même.

    39 % de l’empreinte carbone liée aux matériaux sur 20 ans, hors exploitation IT

    Premier enseignement chiffré mis en avant par le livre blanc : sur une durée de 20 ans, la production des équipements et des matériaux de construction représente 39 % de l’empreinte carbone totale du datacenter étudié. Ce périmètre inclut notamment le béton, l’acier et les équipements techniques nécessaires à l’infrastructure.

    À titre de comparaison, la phase d’exploitation du site représente 48 % de cette empreinte sur la même période. L’écart entre les deux postes est donc nettement plus faible que ce que suggèrent les analyses centrées uniquement sur l’usage opérationnel. Pour Data4, cette répartition confirme l’intérêt de travailler dès la conception sur les choix constructifs et les filières d’approvisionnement.

    L’étude met également en évidence que les leviers d’action ne se limitent pas à l’optimisation énergétique en exploitation, mais concernent aussi la conception bas carbone et la sélection des matériaux.

    Moins de 0,1 % d’eau consommée directement sur site

    Sur le volet hydrique, l’ACV révèle que la consommation directe d’eau du datacenter analysé reste marginale, inférieure à 0,1 % de l’empreinte globale liée à l’eau. L’impact principal est indirect et résulte de la production de l’électricité consommée par l’infrastructure.

    Ce constat remet en perspective certains indicateurs couramment utilisés pour évaluer la performance environnementale des datacenters, souvent focalisés sur les usages visibles en exploitation. Selon l’étude, la source d’énergie et son mode de production pèsent davantage que les systèmes de refroidissement eux-mêmes lorsque ceux-ci sont conçus sans consommation d’eau.

    ACV et normes ISO 14040 pour guider l’écoconception

    Pour Data4, cette démarche vise à structurer les décisions d’écoconception sur des bases mesurées. « Ce livre blanc incarne notre conviction profonde : on ne peut améliorer que ce que l’on comprend et donc que l’on mesure de manière exhaustive. En tant que leader européen, il est de notre responsabilité de passer d’une vision partielle à une compréhension complète et scientifique de notre impact » déclare Linda Lescuyer, Head of Environment & Innovation, Data4. « Nous publions cette analyse en toute transparence, non seulement pour guider nos propres actions d’écoconception, mais aussi pour encourager toute l’industrie à aller au-delà des indicateurs habituels. Un numérique durable ne se décrète pas, il se construit, brique par brique, sur la base de la science. Il s’agit d’un appel à l’action collective, à un moment clé pour notre industrie ».

    APL Data Center souligne de son côté l’intérêt opérationnel de l’ACV pour orienter les choix techniques. « L’industrie du datacenter fait face à un impératif croissant : maîtriser son empreinte environnementale. En tant qu’experts datacenter, simulations et optimisation énergétique, nous savons qu’une démarche rigoureuse, intégrant l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) et un bilan carbone détaillé, est indispensable pour identifier les leviers d’action efficaces », explique Thomas Martin, Deputy CTO, Head of Sustainability & Innovation chez APL Data Center. « Ces travaux permettent de dépasser une approche déclarative pour inscrire la performance environnementale au cœur des choix de conception ».

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